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4.

2018 a été également l’année au cours de laquelle le Barreau d’Ajaccio s’est investi ex cathedra, si vous me permettez l’expression, pour que le droit vive, aussi en dehors de nos prétoires, soit plus accessible, mieux appréhendé encore :

- Intervention dans le monde rural au travers de consultations gratuites en partenariat avec le CDAD

- Rationalisation des interventions d’Avocats au soutien des victimes d’infractions pénales après un échange fructueux avec la CORSAVEM

- Intervention dans les collèges pour sensibiliser les plus jeunes sur la thématique des réseaux sociaux et celle plus aigüe encore du harcèlement à l’école

- Intervention à vos côtés, Mme La Présidente, M. Le Procureur de la République, auprès des lycéens dans la préparation et l’exécution, que je crois pouvoir qualifier de parfaite, d’un procès fictif pour sensibiliser nos jeunes générations à la problématiques de violences faites contre les femmes.

- Organisation, plus festive mais non moins sérieuse, de la Nuit du Droit au Musée des Beaux-Arts d’Ajaccio en partenariat avec la Ville d’Ajaccio ; événement unique en Corse qui nous a permis de faire connaître l’évolution du Serment de l’Avocat au fil des siècles et, pourquoi pas, d’en approcher le sens profond avec celles et ceux qui nous avaient fait l’amitié de venir.

2018 a été également l’année de l’organisation par notre Barreau de la Conférence Régionale des Bâtonniers du Sud Est et de la Corse à la Pentecôte, à une époque où nous pensions collectivement qu’il était temps de sensibiliser nos élus de terrains quant à ce qui n’était le projet de loi de programmation de la Justice.

Parce que nous travaillerons sans relâche à l’amélioration de la situation des justiciables, parce que notre Serment nous oblige plus qu’il nous honore, pour qu’enfin l’on comprenne que le Barreau d’Ajaccio n’est pas celui que certains tentent de dépeindre sous les aspects les plus médiocres, voire les plus vils, j’ai l’immense honneur de vous annoncer que pour la première fois de son histoire, la Conférence Nationale des Bâtonniers, vieille dame de près de 120 ans, tiendra son assemblée générale décentralisée à Ajaccio les 28 et 29 mars prochain.

5.

En ce début d’année judiciaire, c’est néanmoins le cœur lourd que je me suis présenté ce matin à l’ultime audience de rentrée solennelle du Tribunal de Grande Instance d’Ajaccio dans sa forme actuelle.

Dans une indifférence préoccupante, l’assemblée nationale s’apprête à celer le sort d’une réforme de grande ampleur de la Justice, souvent à des heures tardives, en ne comptant sur ses bans qu’une poignée de parlementaires.

Pire, à l’heure où un grand débat national s’ouvre, la Justice en est exclue sans doute parce que certains estiment en haut lieu qu’il est plus impérieux de réfléchir au rétablissement de la vitesse à 90 km/h sur les axes routiers, ou conférer sur l’augmentation des prix du carburant …

Nous nous sommes déjà largement exprimés sur le sujet pour qu’il soit utile d’y revenir de manière exhaustive dans le cadre de cette audience de rentrée solennelle.

L’Histoire jugera celles et ceux qui ont cru pouvoir sacrifier l’institution judiciaire sur l’autel de la raison économique et financière.

La réalité des chiffres est en effet cruelle : alors que la Justice contribue à cette vie en commun dans notre société, qu’elle est le socle du contrat social et de sa pérennité, qu’elle a pour fonction d’appliquer le droit partout et pour tous, qu’elle a la responsabilité de la sauvegarde des droits et des libertés individuelles, une récente étude, du mois d’octobre 2018, de la Commission Européenne pour l’efficacité de la Justice (CEPEJ), qui travaille sur l’efficience comparée des 45 États du Conseil de l’Europe a révélé le hiatus entre les attentes de notre société vis-à-vis de sa Justice et les moyens qu’elle y consacre. .

Le constat est peu élogieux pour le Pays de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Concrètement, la France consacre moins de 66 euros par an et par habitant à son système judiciaire (Allemagne : 122 euros, Pays-Bas 119 euros, Autriche : 107 euros, Espagne et le Royaume Uni : 79 euros, Italie : 75 euros).

De même la France compte moins de juges qu’il y a 2 ans (10,4 pour 100 000 habitants et non plus 10,5) alors que la moyenne européenne a augmenté de 20,9 à 21,5. Elle compte ainsi toujours 2 fois moins de juges et 2 fois moins de greffiers que la moyenne européenne pour 100 000 habitants.

Plus synthétiquement encore, pour 1 000 euros de dépenses publiques, seulement 4 euros sont consacrés à l’institution judiciaire, lors même que le ministère de la Justice gère également l’administration pénitentiaire …

S’il était encore besoin de le souligner : nous ne nous sommes pas mobilisés pour nous même.

Nous nous relèverons quoi qu’il advienne.

Pour mémoire, l’Ordre des Avocats a connu son premier texte codificateur en 1274, a traversé les siècles et les régimes politiques les plus rudes et pourtant nous sommes là, debout, fier de notre de robe et de ce qu’elle représente.

Nous sommes ici pour porter la voix de cette majorité silencieuse citoyenne qui ne souhaite pas être sacrifiée sur l’autel de la « raison budgétaire ».

Nous avons éprouvé l’ambition de développer nos activités au-delà des matières proprement judiciaires et je n’y vois qu’avantages.

Nous plaidons, bien sûr.

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